Immobilier et moralité : l’opposition attaque

Il a beaucoup été question d’urbanisme dans la seconde partie du conseil municipal, lundi soir. L’autorisation de défrichement d’une surface de 3 366 m² située sur une parcelle communale, allée des Primevères (et déclassée lors de la révision du Plan local d’urbanisme en vue d’une vente pour la construction de maisons individuelles) a donné l’occasion d’une première intervention. L’élue de l’opposition Anny Bey (divers droite) est allée droit au but.

« Malgré mes demandes, impossible de savoir qui porte le projet immobilier. J’espère que ce n’est pas la société Panarea, gérée par Jean Leonardi, promoteur bien connu à Arcachon, et à laquelle était associé Jean-Paul Chansarel. » La conseillère municipale a clairement interrogé l’adjoint délégué aux finances, évoquant des « conflits d’intérêts ». La réponse de ce dernier ne s’est pas fait attendre.

Vie privée et vie publique

« Je vous mets au défi de prouver ce que vous dites. C’est scandaleux. Ce que je peux dire à mes collègues, c’est que tout relève du fantasme. Il y a la vie publique et la vie privée et je sais faire la différence. » Jean-Paul Chansarel a bel et bien été associé à la société Panarea, créée en 2011. Il affirme avoir revendu ses parts l’année suivante. Pour Anny Bey, ce n’est pas la question de la « légalité » qui se pose mais celle de la « moralité ».

Avec la délibération suivante, relative à la prorogation de la promesse de vente de l’immeuble communal situé 6, rue Aimé Bourdier et 71 boulevard Deganne au profit de la société Cogedim, l’opposante est allée au bout de sa logique, apostrophant cette fois-ci directement le maire, Yves Foulon (LR).

« Connaissez-vous la société Mestrezat, dans laquelle un certain Yves Foulon est associé à une société domiciliée aux Canaries et gérée par un certain Roger Padois ? Est-ce vous et votre frère ou s’agit-il d’homonymes ? » À cette question, comme à toutes les autres posées lors du conseil, le maire n’a pas répondu (lire également en page 16). Ce qui a eu pour conséquence de multiplier les interventions des représentants de l’opposition.

Le rôle de la commission

Laurent Lamara (FN) a, le premier, évoqué la commission d’urbanisme. « À quoi sert-elle si on valide des documents sans qu’elle soit consultée ? Y est-on membre honorifique ? » Maurice Granet (PS) est allé dans le même sens. « Avez-vous pour projet de la supprimer ? Avez-vous quelque chose à cacher ? »

Des questions qu’ils répéteront, faute de réponses, délibération après délibération. « La commission sera saisie quand un acte d’urbanisme sera mis en œuvre », a fini par dire Yves Foulon. Pour Charles-Albert Lucas (LREM) la question de la participation du maire à une société immobilière reste centrale. « Un maire qui fait de l’immobilier dans sa ville, ce n’est jamais souhaitable », affirme l’opposant.