Entrepreneurs en meules sur le circuit du Mans

Du 15 au 17 septembre, à l’initiative d’Adeolys, huit entrepreneurs du bassin d’Arcachon accompagnés de deux élèves du lycée de la Mer participeront au grand prix de La Meule bleue, sur le circuit Bugatti du Mans. Une course qui, comme son nom l’indique, se joue en mobylette, soit un bolide de moins de 50 cc. C’est d’ailleurs dans ce cadre, et plus particulièrement autour d’un cadre de « meule », que tout a commencé.

« Mon fils Paul a trouvé avec son ami Baptiste un cadre d’AV88 dans la forêt » explique Laurent Soria, consultant chez Endeo Conseil et président d’Adéolys, basé à la Teste. « Ensemble, ils ont décidé de restaurer la bécane. C’est en cherchant des pièces détachées sur Internet qu’ils ont découvert la Meule bleue. »

S’inspirer de cette synergie

Créée par le truculent Philippe Maindron (lire ci dessous), la Meule bleue réunit depuis trois ans des chefs d’entreprise sur des mobylettes vintage. « En 2014, il y avait 150 équipages, l’an dernier, 500. Avec à la clé une descente des champs Élysées », poursuit Laurent Soria qui est aussitôt gagné par l’esprit de la course.

« Le Grand Prix de la Meule bleue n’a qu’un seul objectif : créer du lien, de la convivialité, du lâcher prise. L’événement est né sur la zone des Herbiers, un endroit extrêmement dynamique sur le plan économique. Il y a, je pense, des choses à comprendre et de l’inspiration à puiser autour de cette synergie… »

En mars dernier, Laurent Soria poste l’information sur Facebook. La meule est prête, il ne reste qu’à constituer un équipage. « Dès le lendemain, l’équipe était au complet » sourit-il. Anne-Laure Echeveste (Espaces atypiques Arcachon), Benoît Judde (Agence J & D), Laetitia Lenfant (Agence 1 400), Kevin Dumaine (Protect’Teinte), Karine Lenfant (Ajlo), Dominique Piel (Capi Consult) et Natacha Auboin (Plan B) l’ont rejoint dans l’aventure.

Les deux initiateurs et lycéens, Baptiste Sengler, 16 ans, et Paul Soria Binois, 15 ans, étant évidemment de la partie. « Nous avons aussi le soutien de partenaires comme le Kiwork où beaucoup d’entre nous travaillent (2), de Mira, de la marque B’A, Trèfle Ingénierie, Capi Consult et C si Bon » poursuit Laurent Soria.

Le premier groupement en lice

Ensemble, ils ont donc monté la Team du Bassin. « Nous sommes le premier groupement d’employeurs à participer à la course », relève avec fierté Laurent Soria. « Pour nous, il s’agit aussi de promouvoir l’image d’un entreprenariat dynamique, de représenter notre région et aussi, de nous amuser. Nous sommes sérieux sans nous prendre la tête. »

Cette année, les organisateurs de la Meule bleue attendent jusqu’à 700 équipages. Chaque pilote fera sur place deux tours du circuit de Bugatti. Casque rose et cape au vent.

L’espace de coworking Kiwork fêtera ses deux ans d’existence le jeudi 28 septembre. Implanté sur la zone industrielle, avenue du parc des Expositions, à La Teste-de-Buch, il héberge huit entreprises et réunit 12 personnes, dont de nombreux participants à la Meule bleue. C’est le cas d’Adéolys, groupement présidé par Laurent Soria qui propose des formations et des accompagnements à la création d’entreprise et des parrainages entre entrepreneurs aguerris, créateurs ou repreneurs. « Sur le bassin d’Arcachon, il y a un peu de pétrole mais aussi beaucoup d’idées. C’est un incroyable gisement d’intelligence collective qui ne demande qu’à être exploité (pour) contribuer au développement économique et social de notre territoire. »

Le pari d’un patron inspiré

Chez d’entreprise Vendéen, Philippe Maindron a créé le festival de Poupet en 1987 sur la commune de Saint-Malô-du-Bois, près du Puy du Fou. Débuté en fête du village, le festival attire aujourd’hui 80 000 spectateurs comptant Johnny Hallyday, Renaud, Stromae, Texas, Lenny Kravitz ou Bob Dylan parmi ses têtes d’affiche.

En 2014, il décide de réunir des chefs d’entreprise de sa région, de les coiffer d’un casque rose, de leur coller des lunettes d’aviateur façon début XXe siècle et de les vêtir de grandes capes bleues. Et surtout, à l’ère des voitures ultra-connectées, de leur faire enfourcher des mobylettes. L’improbable course La Meule bleue est née. Son objectif ? Proposer un remède anti-crise, rire, décompresser en rapprocher les salariés d’une même équipe, d’une même entreprise. « Aujourd’hui, il y a trop de barrières, de tabous et de courbettes dans les rapports humains… Les gens ont besoin de simplicité », explique-t-il.

Après un passage remarqué sur les Champs Élysées l’an passé, cette année, la Meule bleue empruntera le circuit Bugatti du Mans pour un vrai Grand Prix.