Comme un front juridique

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Jeudi soir dans la salle du Tir au Vol d’Arcachon, une cinquantaine de personnes sont assises pour assister à l’assemblée générale de l’Association de sauvegarde du site d’Arcachon (Assa). Invitée, la mairie n’a, semble-t-il pour la première fois, envoyé aucun représentant.

Hélène Gracieux, présidente depuis deux ans, conduit les débats. Les relations sont bonnes avec tous les acteurs du territoire, exceptées avec la mairie d’Arcachon. « C’est courtois mais il y a eu un incident majeur lors de l’enquête publique sur le futur Plan local d’urbanisme (PLU), où un membre du cabinet du maire nous a interdit de prendre les documents en photo. »

Elle ajoute un autre exemple : « Nous voulons préserver les espaces verts, comme le plan d’aménagement et de développement durable de la ville mais dans le même temps le PLU prévoit de déclasser des espaces boisés au nord du Tennis pour cinq lots à bâtir. »

Il faut dire que l’Assa mène plusieurs combats qui ne vont pas dans le sens de ce que souhaite la mairie. La Loi Alur a supprimé le coefficient d’occupation des sols. « Mais le PLU d’Arcachon ne prévoit pas de mesures pour contrer les effets. Et cela double les droits à bâtir au Moulleau, aux Abatilles ou à Pereire. Nous sommes sollicités par des particuliers sur ce sujet, tout comme sur l’abattage autorisé ou non des pins dans notre ville. Or, le schéma de mise en valeur de la mer, actuellement le seul document de référence pour l’urbanisme, prévoit de lutter contre la raréfaction des pins maritimes. »

Autre sujet, le devenir de l’ancien Centre de formation des apprentis boulevard Deganne, vendu par la Ville à un promoteur : « Un permis de construire a été délivré. Des riverains l’ont attaqué. L’Assa viendra à leur soutien. » Un autre dossier occupera l’Assa : les terrains vendus par la Ville à un promoteur allée Élisée-Reclus. Des terrains légués à la ville à condition qu’ils restent forestiers : « Nous attaquerons le permis de défricher quand il sera accordé. »

D’autres contentieux en cours

L’activisme juridique de l’Assa ne connaîtra pas de pause en 2017 et 2018. « Sur le futur PLU, nous avons fait des remarques pendant l’enquête publique. Aucune n’a été prise en compte, comme ce fut le cas avec les remarques formulées par le préfet. Nous avons déposé avec Bassin Arcachon Écologie un recours au tribunal administratif. »

Sur le futur Pôle océanographique aquitain (POA), deux procédures sont en cours : en appel sur le premier permis de construire déposé par l’Université de Bordeaux et annulé en première instance ; et un recours contre le deuxième permis déposé par l’Université. « Ce projet de 19,50 mètres de haut, de 68 mètres de long est accordé avec seulement 31 places de parking ! Alors qu’il y aura 180 salariés ! »

L’Assa lutte aussi contre le projet d’hôtel-casino qui doit voir le jour à la place de l’actuelle station marine et du musée-aquarium. L’Université en est propriétaire mais elle doit le vendre pour financer le POA. « Nous sommes venus en renfort des riverains qui ont attaqué le permis de construire. Mais ceux-ci se sont désistés de leur recours. Heureusement, un autre riverain avait attaqué le permis et le tribunal a demandé aux promoteurs de déposer dans les six mois un nouveau permis modificatif. Nous l’attaquerons. Nous tenterons tout jusqu’à la dernière seconde, nous ne lâcherons rien sur ces deux projets. »